Après une première journée exténuante, à courir dans tous les sens dans le célèbre hôtel Tucson City Center, il faut aborder les autres hôtels qui sont susceptibles de loger des minéraux de collection.

L’affaire n’est pas simple car ces hôtels de répartissent le long l’autoroute A10 sur près de 2km. Entre deux hôtel,s il y a souvent des shows temporaires dans une station service, un parking, un jardin etc. L’ensemble est hétéroclite et fait penser à un bric-à-brac.

La répartition des minéraux entre les différents shows est très inégale, dans certains il n’y a presque rien, dans d’autres les marchands de minéraux sont regroupés et bien visibles.

Le but souhaité de la visite dans ces lieux où le niveau est en général assez bas est de trouver le mystique « sleeper » (dormeur), c’est-à-dire un spécimen dont la valeur a échappé au marchand. La très bonne affaire en résumé.

En 20 ans de participation à Tucson, les statistiques montrent que ça arrive une fois tous les 5 ans ! C’est peu, mais l’espoir fait vivre et de toute façon et ces visites font partie des incontournables de Tucson.


  

Un impressionnant bric-à-brac


Le premier hôtel visité est le Days Inn qui est le lointain héritier du Travlodge, l’un des trois hôtels mythiques du Tucson des années 1970-1990. Actuellement, il héberge des semi-grossistes en objets en pierre (malachite, agates, etc.) et d’autres en minéraux de qualité plutôt basse. La meilleures pièce que j’ai vu est une rhodochrosite du Pérou en cristaux aplatis (tête de clou) de tailles modestes, 1 cm, mais gemmes et rouges. Pas rose donc, mais bien rouge ce qui est rare pour des cristaux minces. J’ai aussi pu prendre conscience de l’ampleur de la découverte des bournonites de Machacamarca. Ampleur en qualité, car les cristaux en roues crantées rappellent, en plus petits, les célébrissimes spécimens d’Herodsfoot (Liskeard, Herodsfoot).




Le deuxième hôtel sur la liste est le Riverpak (ex-Pueblo) qui est l’héritier du Sheraton qui a été pendant des années le plus chic des hôtels bordant l’A10. Depuis trois ans un groupe de jeunes marchands, très actifs et manifestement en dissidence avec le Tucson City Center y a élu domicile. La qualité est bonne. On pouvait y voir un lot de brookites du Pakistan (déjà entr’aperçu à Sainte-Marie-aux-Mines), avec un cristal isolé de 7 cm, ainsi que d’intéressantes vésuvianites d’Uch Sarapay (Territoires Tribaux Fédéralement Administrés, Pakistan) qui ne sont pas sans évoqués quelques beaux cristaux classiques des Alpes italiennes.

Cet hôtel est aussi depuis des décennies le haut lieu de la pierre brute. Pour ceux qui ne sont pas habitués au langage de la gemmologie, une pierre brute est une pierre qui est destinée à être taillée. Ces pierres brutes sont souvent brisées et parfois bien cristallisées.

C’est ici que l’on trouve les belles pièces comme les tanzanites, grenats tsavorite et diopsides de Merelani,  les spessartines de Loliondo (Tanzanie)  et autres gemmes de Tanzanie et du  Kenya. J’ai trouvé le marchand qui a apporté les wurtzites gemmes. J'ai dû lui expliquer que ce n’était pas de la blende. Je ne crois pas l’avoir convaincu.

Les hôtels suivants sont l’Howard Jonhson et le Clarion. L’Howard Johnson est impressionnant par les présentations de quartz et autres par les grossistes. Le Clarion abrite traditionnellement des commerçants brésiliens et pakistanais. Je n’y ai rien vu de nouveau (mais la fatigue et la lassitude sont de bien piètres alliés pour remarquer les beaux minéraux). 


 

Vésuvianites et brookites


Après presque deux jours de déambulation dans les hôtels autoroutiers, une visite plus reposée au Tucson City Center et à la show room de Fine Minerals International s’imposait pour retrouver une densité suffisante de minéraux de qualité.

Et remarquer des minéraux passés inaperçus avant, comme de très belles scolécites d’Inde et des mimétites mamelonnées d’Iran (elles sont connues depuis les années 1970 mais les lots arrivant en Europe ou aux Etats-Unis sont rarissimes).


 


Les jours à venir verront s’ouvrir les grands shows de gemmologie. Attendons-nous à voir de bien belles choses.




En ce tout début de mois de février 2013 les pelouses de l’Hotel Tucson City Center sont bien animées. Elle sont parcourues par de bien étranges créatures. On y reconnaît des minéralogistes aguerris d’envergures diverses (les dinosaures), des nouveaux venus aux dents longues (les requins) ainsi que des collectionneurs frénétiques (les mineraloceraptors).


Pas de doute, cette animation signe le début de la 59éme édition de la foire de Tucson. On devrait plutôt dire des foires de Tucson, car il y a plus de 40 lieux de ventes (dans les hôtels, les salles d’exposition, sous des tentes provisoires, etc.). Ils sont surtout consacrés à la bijouterie et gemmologie. La minéralogie et la paléontologie sont concentrées dans quelques rares lieux.


 

 

Le premier hôtel à visiter est le Tucson City Center (ex-Inn-Suites, ex-Ramada).  Cette année il regroupe en plus les commerçants du Quality Inn qui, faute de succès, n’héberge plus de manifestation.


C’est ici que se concentrent les nouveautés, c’est ici que l’on vient collecter les premiers renseignements. Comme d’habitude (presque) tout le monde est dubitatif: il n’y a rien de neuf,  il n’y a rien de bien, les prix sont fous. Après ces premières impressions, l’esprit s’affine, le travail commence.


Près de l’entrée, à l’extérieur, on voit le stand des minéraux de Millpillas (Mexique). Outre les maintenant traditionnelles azurites de belle qualité, il y avait un lot de brochantites de belles qualités avec des cristaux décimétriques. Les rares vesigneites ne sont pas présentées.


  


La principale (demi-nouveauté) est la présentation d’une découverte importante de crocoïte de Tasmanie (Australie) dont on a pu voir quelques spécimens en avant-première à la foire de Münich, l’an dernier. La grande originalité de cette découverte est que les cristaux  ont cristallisé les uns après les autres selon une arborescence très aérienne (les mathématiciens y verront une structure fractale). L’effet est saisissant et classe ces pièces parmi ce que l’on connaît de plus original dans le monde minéral. La grande fragilité des cristaux est compensée par une gangue d’oxyde de fer particulièrement tenace.




Les autres points marquants sont des lots de découvertes récentes et plus ou moins connues. Il y a, par exemple, de beaux cristaux de fluorites roses octaédriques (5cm d’arête) sur gangue de Huanggangliang (Mongolie Intérieure, Chine), des bournonites pluricentimétriques (5cm) brillantes de Machacamarca (Potosi, Bolivie), ainsi que de nombreuses cuprites et pseudomorphoses cuivre après cuprite de Rubtsovskiy (Sibérie, Russie) de qualité moindre que ce que l’on a vu il y a deux ans. Notons aussi un lot de béryl héliodore d’Ukraine d’une qualité que l’on n’a pas vu depuis longtemps.


  

Béryls d’Ukraine cuprites et pseudomorphoses cuivre après cuprite de Sibérie

 


Les vrais nouveautés ne sont pas encore visibles: quelques photos circulent, quelques happy few ont pu les contempler. Elles concernent les deux sulfures de zinc: la sphalérite cubique et son dimorphe hexagonal, la wurtzite. De beaux (les plus beaux connus en fait) cristaux de wurtzite, gemmes, rouge sombre, en pyramide hexagonale de plusieurs centimètres ont été rapporté de Merelanit (Tanzanie). D’invraisemblables cristaux, jaunes citron, totalement gemmes, pluricentimétriques de sphalérite sur gangue (parfois sur des cristaux de löllingite) ont été extrait de la maintenant classique mine de Huangganliang déjà citée pour ses fluorites.


Pour se consoler de ne pas les avoir vu (acquis) en premier, on pouvait admirer les magnifiques vitrines présentées dans la maison de Fine Minerals située à proximité de l’hôtel ou bien participer à une des party qui ont émaillé la soirée.






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