Les collectionneurs de minéraux et fossiles imaginent Tucson comme un ensemble de lieux consacrés entièrement à leur passion. C’est faux ! L’essentiel des lieux de vente est surtout consacré aux pierres gemmes (à l’exception du diamant qui est très peu représenté), aux pierres de décoration et la bijouterie. On y trouve ce que l’on peut imaginer de plus prestigieux, comme des rubis non chauffés de plusieurs dizaines de carat, aux plus modestes comme des pierres roulées. Les plus belles pierres gemmes sont présentées dans les salons de l’AGTA (American Gem Trade Association) et du GJX (Gem and Jewelry Exchange). Tous deux sont situés côte-à-côte dans le centre-ville (downtown), le premier dans le centre des congrès, le second de l’autre côté de la rue. Ils réunissent chacun plusieurs centaines de marchands. Un peu plus loin il y a les shows le long de l’autoroute A10, qui présentent une gamme variée de marchandises pierres roulées, sculptures, ventes en gros, souvenirs, pierres de décoration, etc. On y trouve quelques marchands, qui n’ont pu accéder aux Mineral City et salons autour, mais qui présentent des minéraux plus ou moins intéressants.
Les plus grands lieux de vente se trouvent éloignés du centre-ville, avec les Kino, G&LW et JOGS shows. Ils sont immenses, ils occupent plusieurs hectares chacun. N’ayant jamais rien trouvé après plusieurs dizaines d’années, je n’y vais plus, bien qu’il soit possible d’y trouver des minéraux, la plupart du temps modestes mais à des prix très compétitifs.
AGTA (American Gem Trade Association)
Si l’on n’est pas à la recherche d’une pierre de qualité ultime, on y vient surtout pour admirer de belles pierres, de belles et originales réalisations joaillières. Chaque année la Smithsonian Institution (le musée de Washington) présente des pierres, joyaux et sculptures reçus en dons.



La présentation de la Smithsonian Institution durant le show AGTA
GJX (Gem and Jewelry Exchange)
Ce salon présente une plus grande de variété avec moins de marchands braqués sur les grands classiques comme les rubis, saphirs, émeraudes, spinelles, tourmalines, etc. C’est le salon préféré des gemmologues. Il permet de découvrir des pierres inhabituelles, voire des nouveautés. Il est impossible de le présenter exhaustivement. Il ne dure que 5 jours et dès que l’on entame une discussion, il y en a pour une heure au moins. Parmi les plus ou moins nouveautés, il y avait cette année des spinelles bleus au cobalt de Mahengé (Tanzanie) et des pierres de Lune présentant de curieux reflets orangé insaturé.


C’est aussi le lieu où il est possible de discuter en détail de sujets gemmologie en cours. C’était le cas par exemple cette année, d’une discussion entre plusieurs marchands et gemmologues sur des béryls du Nigeria qui étaient, selon le laboratoire, soit des émeraudes, soit des béryls verts (ici avec une couleur bien proche des vert/bleu des tourmalines Paraiba). Tout dépend de la définition de l’émeraude qui ne semble pas si bien établie qu’on le pensait. Selon le Gemological Institue of America (GIA), qui fait autorité internationalement, s’il y a du chrome dans un béryl vert, on a affaire à une émeraude. C’est la définition la plus largement admise : une émeraude est un béryl vert dont la couleur est due au chrome. Cette définition ne précise pas si la couleur est due au chrome… exclusivement ! Dans les faits, il peut y avoir d’autres éléments chromogènes comme le fer. C’est bien admis. Pour un autre laboratoire, l’acceptation d’un béryl comme émeraude, repose sur sa couleur. C’est bien naturel, car on parle de vert émeraude et l’on n’imagine pas a priori rencontrer une émeraude dont la couleur s’apparente à celle d’une tourmaline bleue Paraiba. Le problème ici est qu’il n’y a pas d’accord international sur l’espace chromatique de l’émeraude, comme il n’y a pas par d’ailleurs d’accord sur les espaces chromatiques des autres pierres. Certains professionnels utilisent des nuanciers, mais cette pratique n’est pas généralisée.


Émeraudes ou béryls vert ? … that is the question
Le show de la 22nd Street
Ce show, qui est encore situé « downtown », dure 15 jours. Il est situé le long de l’A10. Il se répartit en deux grandes tentes. On y trouve quelques marchands intéressants comme celui qui est certainement le plus fourni en rhodonites de Conseilhero Lafayete. En cristaux bruts ainsi qu’en pierres taillées.


Les autres shows le long de l’A10
Il faut quitter le show de la 22nd Street et passer de l’autre côté de l’A10 pour accéder aux autres shows qui se répartissent sur plus d’un kilomètre le long de l’autoroute.
Anciennement, dans les années 1980-90, c’est là que se situaient les principaux shows de minéralogie avec le Desert Inn, aujourd’hui disparu, le Sheraton, devenu Pueblo et le Travelodge, devenu le Red Lion. Ces trois dernières années, les trois derniers marchands de minéraux sérieux du Pueblo se sont rabattus au Mineral City. Quant au Red Lion, il accueille surtout des marchands plus ou moins grossistes, étrangers des USA : mexicains, sud-américains, africains et asiatiques.
Ayant oublié que le show du Pueblo s’arrêtait le mardi 10, je m’y suis rendu le mercredi. Il y restait encore des dépôts de minéraux et quartz géants en attente d’être remballés !
