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Le cristal - Joyau de la nature - Chef-d’œuvre du chimiste


Exposition temporaire du 22 février 2011 au 10 janvier 2012

à la collection des minéraux de l’UPMC – Sorbonne Universités

4 place Jussieu, 75005 PARIS

tel : 01 44 27 52 88

ouvert tous les sauf les mardi et jours fériés de 13h à 18h

 

Le monde souterrain recèle de bien surprenants objets. Enfouis dans des cryptes, des fours, des filons, ou des géodes se nichent des cristaux aux formes géométriques presque trop parfaites. Pour le néophyte qui les découvre, elles ne peuvent pas être naturelles. La collection de l’UPMC présente près de 1000 minéraux cristallisés choisis parmi les plus beaux connus.

Pour le scientifique, les cristaux sont un sujet d’étude bien complexe, depuis longtemps. Pour le chimiste, ils constituent la base de la chimie de l’état solide. La fabrication de cristaux est un enjeu tant pour la science que pour l’industrie. L’exposition temporaire, organisée dans le cadre de l’année internationale de la chimie (AIC), présente une introduction au monde cristallisé, plusieurs appareils utilisés et près de 130 réalisations de cristaux. On y trouve des cristaux indispensables dans l’industrie, comme ceux de YAG, GGG et KDP utilisés pour les lasers, ceux de quartz utilisés dans l’horlogerie ou bien ceux de silicium à la base de l’électronique. On y trouve bien d’autres comme les pierres précieuses « synthétiques » : rubis, émeraudes, saphirs et enfin… diamants. L’alchimiste a essayé de transformer le plomb en or, sans succès. Le chimiste a réussi, après plus d’un siècle d’efforts, à transformer le charbon en diamant. Cette exposition témoigne de la complexité et de la beauté du travail des chimistes impliqués dans les cristaux.

Exposition réalisée en collaboration avec l’école normale supérieure (ENS), l’école de chimie de Paris, le laboratoire de la matière condensée de Paris (CMCP) et l’institut de minéralogie et physique des milieux condensée (IMPMC) associé au CNRS.

Coordinateurs :  Dr Jean-Claude BOULLIARD, UPMC/IMPMC

Pr Michel QUARTON, UPMC/LCMCP

Comprendre la matière

Durant des siècles, l’homme a cherché à transformer le plomb en or. Il n’y est jamais parvenu. Il a fait mieux.

Il a réussi à transformer le charbon en diamant !

Cette prouesse est le résultat d’une longue quête, celle du chimiste. Elle consiste à comprendre et maîtriser les transformations de la matière. Cette quête a commencé dans l’Antiquité, elle se poursuit, aujourd’hui encore, plus que jamais, dans les laboratoires de chimie.

 

L’héritage de l’Antiquité : qualités et formes

L’essentiel de la philosophie grecque de la nature a été fondé sur le concept d’élément. Au 5è siècle av. J.-C., Empédocle propose une théorie de la matière basée sur quatre éléments-principes : l’eau, l’air, le feu et la terre. Environ un siècle plus tard, Platon y introduit la géométrie en associant à chaque élément une figure géométrique remarquable, un polyèdre, que l’on appelle maintenant solide platonicien. A l’eau il associe l’icosaèdre (a), à l’air l’octaèdre (b), au feu le tétraèdre (c) et à la terre le cube (d).

Après lui, Aristote décrète que chaque élément est dépositaire de deux des quatre qualités suivantes : l’humide, le sec, le chaud et le froid. Pur produit de l’imagination, la philosophie antique a inspiré durant des siècles les savants qui cherchaient à découvrir les arcanes de la matière minérale.

 

Le tableau de Mendeleïev : l’alphabet du chimiste

Une chimie basée sur les éléments-qualités, qui insuffleraient leurs propriétés à la matière, permettait d’imaginer beaucoup de discours pour expliquer ce que l’on voyait, sans qu’il soit possible de décider lequel était le bon. Au 18è siècle, grâce notamment aux travaux de Lavoisier (1743-1794), il est apparu que les éléments qui avaient un sens étaient ces corps chimiques purs qui ne peuvent pas être décomposés en corps plus simples. Au cours du 19è siècle, le nombre d’éléments identifiés s’accroît.

Vers 1870, le savant russe Mendeleïev présente les prémices d’un tableau dans lequel il numérote les éléments et les classe selon leurs comportements chimiques. Il met ainsi en évidence des périodicités. Pour peaufiner son tableau, il est obligé d’introduire des cases vides et il prédit que ces cases annoncent la découverte de nouveaux éléments. Ce qui a été confirmé. Certaines familles forment des colonnes dans le tableau. La colonne la plus à gauche, par exemple, est celle des alcalins.

La colonne la plus à droite est celle des gaz rares qui, très peu réactifs, jouent un rôle mineur en chimie. On établit aussi une séparation entre les métaux (à gauche) et les non métaux (à droite). La frontière est formée par les métalloïdes que sont le bore, le silicium, le germanium, l’arsenic, le tellure et le polonium. Aujourd’hui, on connaît 118 éléments, rangés dans le tableau de Mendeleïev. Pour le chimiste, ce tableau constitue une sorte d’alphabet, dont l’utilisation contribue au charme de la chimie de synthèse dans les 3 états de la matière.

 

Les états de la matière : 3 chapitres de la chimie

Le 19è siècle voit s’expliciter la notion d’état de la matière. Comme un lointain écho de l’Antiquité, chaque état  rappelle un élément-principe ancien : l’état gazeux évoque l’air ; l’état liquide, l’eau ; l’état de plasma, le feu ; et enfin, l’état solide, la terre. A chaque état correspond une chimie particulière.

La chimie des gaz a permis de dégager la notion d’atome. C’est la plus petite particule matérielle d’un élément. Ses dimensions sont de l’ordre de 0.0000000001 mètre. La chimie des gaz a aussi défini la molécule qui est un assemblage de plusieurs atomes liés entre eux par des liaisons bien précises.

La chimie des liquides concerne notamment l’eau et sa capacité extraordinaire de dissoudre un grand nombre de corps. Les atomes et molécules dissous peuvent présenter une charge électrique excédentaire ou déficitaire : on parle alors d’ions.  Les acides (sources d’ions H3O+) et les bases (sources d’ions OH-) jouent un rôle considérable dans la chimie en solution.

Le plasma désigne un gaz ou un mélange gazeux plus ou moins ionisé. Le feu est un plasma. Dans l’univers, c’est l’état le plus commun, sur notre planète l’ionosphère est un plasma. Cet état intéresse plutôt le physicien.

Le dernier état, l’état solide, présente de grands intérêts pratiques et économiques car il concerne la majorité des matériaux.

 

Comprendre la matière à l’état solide

A la découverte du cristal

Depuis que l’homme façonne le métal, il sait que ses propriétés varient selon les traitements qu’il a subis. Il sait aussi que la matière solide adopte parfois des formes géométriques aussi parfaites que celles évoquées par Platon : on trouve des minéraux en forme de cubes, de tétraèdres ou d’octaèdres. Depuis le début du 18è siècle, on appelle ces formes, des cristaux. Les cristaux peuplent le monde souterrain : les mines en ont fourni beaucoup. Les activités humaines produisent aussi des cristaux. Les alchimistes les voyaient apparaître lors de l’évaporation de solutions. Leur origine était bien mystérieuse jusqu’aux travaux de Jean-Baptiste Romé de L’Isle (1736-1790) et de René-Just Haüy (1743-1822). A la fin du 18è siècle, ces savants jettent les bases de la cristallographie. Selon le premier : « il n’est aucune substance qui puisse se soustraire aux lois de la cristallisation ». Selon le second les cristaux sont des empilements réguliers de «molécules intégrantes» identiques. Dès cette époque, deux communautés de savants s’intéressent à la cristallographie : les minéralogistes qui y puisent de quoi caractériser et diagnostiquer les minéraux et les chimistes qui essaient de deviner les formes des particules ultimes (les molécules) à partir des cristaux.

 

Cristaux moléculaires et cristaux réticulaires

Au 20è siècle, la vision du cristal évolue. Deux grandes familles sont distinguées. La première est celle des cristaux moléculaires qui sont des empilements de molécules qui peuvent exister hors du cristal (la glace par exemple). La seconde est celle des cristaux réticulaires où il n’existe pas de molécule indépendante : le cristal lui-même est une molécule géante dans laquelle on trouve des agencements réguliers (le sel NaCl par exemple). Les cristaux de minéraux sont surtout des cristaux réticulaires.

 

La cristallochimie

Dans le cristal réticulaire, le chimiste du solide identifie des arrangements locaux d’atomes qui sont de véritables briques élémentaires avec lesquelles il peut concevoir de nouvelles architectures cristallines. Ainsi la grande famille des silicates (70% du manteau terrestre) est basée sur un groupement qui associe un atome central de silicium entouré de 4 atomes d’oxygène, le tout formant un polyèdre : le tétraèdre SiO4. Dans les nésosilicates les tétraèdres sont isolés ; ils ne sont jamais liés à d’autres tétraèdres. Dans les sorosilicates, on a des groupes de deux ou plusieurs tétraèdres, dans les cyclosilicates les tétraèdres se groupent en anneaux, dans les inosilicates en chaînes, dans les phyllosilicates en feuillets et enfin dans les tectosilicates tous les oxygènes sont partagés entre deux tétraèdres.

 

Le défi des cristaux !

Des objectifs divers

Au 19è siècle, l’obtention de cristaux devient une spécialité des chimistes (français surtout) : Frémy obtient des rubis, Hautefeuille de l’émeraude, Verneuil de grands rubis. Le but ne se limite pas à la production de pierres précieuses ou à la recherche. Les cristaux possèdent des propriétés originales et utiles qui sont d’autant mieux exprimées qu’ils sont parfaits. Cette perfection est rarissime car des défauts perturbent l’arrangement régulier des atomes. Il est donc essentiel (mais difficile) d’obtenir des cristaux de qualité. Ces 50 dernières années, la fabrication de cristaux s’est considérablement développée afin de satisfaire les besoins technologiques: semi-conducteurs (électronique, photovoltaïque), optique (lasers, diodes électroluminescentes), horlogerie, joaillerie, usinage.

 

Les méthodes de cristallogenèse

Les techniques de croissance cristalline (ou cristallogenèse) se classent en 3 familles : à partir de l’état fondu, à partir d’une solution, par transport chimique.

 

Croissance à partir de l’état fondu

La méthode Verneuil : Elle consiste en un chalumeau (oxygène-hydrogène) dans lequel circule la poudre de la matière à cristalliser. En traversant la flamme, les grains fondent et se déposent sur un germe que l’on éloigne de la flamme en le faisant tourner sur lui-même, au fur et à mesure de la croissance.

La méthode par tirage de Czochralski : On part d’un bain fondu à une température très proche de la température de fusion. On met un germe froid en contact avec ce bain : une petite quantité de matière se solidifie au contact. On éloigne ensuite ce germe en le tournant sur lui-même. On obtient un cylindre.

La méthode de Kyropoulos : On part d’un bain fondu qu’on laisse refroidir. Lorsque l’on est à la température de fusion ou proche, on plonge un germe qui amorce la cristallisation. Il vaut mieux retirer le cristal formé avant que toute la matière se solidifie !

La méthode de la zone fondue : Un cylindre est parcouru par un système de chauffage local qui entraîne la fusion d’une petite zone qui se déplace verticalement. Cette méthode permet aussi de déplacer les impuretés : c’est aussi une méthode de purification.

La méthode de l’autocreuset : On part d’une poudre compacte dans un creuset que l’on refroidit. Un chauffage par micro-ondes fait fondre la partie centrale du creuset qui cristallisera au cours du refroidissement. On l’utilise pour les matériaux réfractaires.

 

Croissance à partir d’une solution

Dissolution aqueuse : Les premières expériences, les plus simples, sont réalisées en dissolvant un sel dans de l’eau. A partir d’une certaine quantité dissoute, la dissolution s’arrête : la solution est saturée. Cette quantité dépend de la température. Lors de l’évaporation ou lors du refroidissement de la solution, des cristaux apparaissent. Les meilleurs résultats sont obtenus si l’on met un cristal (un germe) au départ. Il deviendra de plus en plus grand.

Dissolution anhydre (sans eau) : Dans ces méthodes, on dissout le composé dans un bain de matière fondue (que l’on appelle fondant ou flux). On peut ainsi dissoudre, par exemple, de l’alumine dans de l’oxyde de plomb fondu. La plupart des procédés sont similaires à ceux en dissolution aqueuse. Dissolution hydrothermale : Le quartz a posé un problème inédit car à 573°C sa structure change. Toute croissance au-dessus conduit à l’apparition de défauts (macles). Il faut donc opérer en dessous de 573°C. Le « diluant » sauveur est à nouveau l’eau (qui joue un rôle majeur dans la genèse des cristaux naturels). La croissance s’effectue dans des autoclaves avec une zone où l’eau est à 400°C environ et une autre zone moins chaude où les germes croissent. C’est une opération à haut risque car la pression dans les autoclaves est très forte. Les autoclaves peuvent exploser !

 

Croissance par transport chimique

Transport gazeux : Certains corps ne fondent pas lorsqu’on les chauffe. Ils se transforment directement en gaz que l’on peut ensuite condenser. Dans une enceinte sous vide, le corps est vaporisé et des cristaux apparaissent dans une zone froide située à proximité.

Synthèse CVD (pour Chemical Vapor Deposition): La vaporisation n’est pas toujours aisée. On peut alors utiliser un gaz dont la molécule contient un atome de la matière à cristalliser. En créant un plasma proche du germe ces atomes sont libérés un par un et se fixent sur le germe.

 

Le diamant : d’un extrême à l’autre

En 1908, le chimiste Le Châtelier pouvait écrire que : « La production du diamant est un problème pour le chimiste moderne, le pendant de la pierre philosophale pour les alchimistes ». Depuis plus d’un siècle on savait que le diamant est du carbone plus dense que le graphite : il y eu beaucoup de tentatives d’obtention. Il faudra encore près de 50 ans pour concevoir des presses permettant d’atteindre les pressions et les températures suffisantes pour que la transformation du graphite en diamant advienne. A l’époque : 100 tonnes/cm2 et 2000°C environ.

A la fin du 20è siècle, des méthodes de croissance plus douces du diamant (par CVD) se développent. Les pressions sont maintenant de l’ordre d’un dixième de la pression atmosphérique ! Seule ombre au tableau : pour faire des bonnes synthèses CVD, il faut de bons germes, et donc sacrifier de bons cristaux qui, naturels, ont beaucoup plus de valeur que les synthétiques.

Le Printemps des Poètes à l'UPMC

L’UPMC participe au Printemps des Poètes, placé cette année sous le thème « d’infinis paysages ».
Amoureux de la poésie ? Venez l’entendre en choisissant d’assister aux lectures proposées par l’écrivain Gérard Noiret, mais aussi par des lecteurs inattendus. Poésie encore… mise en scène dans le spectacle de Pierre Meunier, « Au milieu du désordre ».

 

 

16 et 17 mars 2011 sur le Campus Jussieu
Lectures en bibliothèques Sciences de la Terre

L’écrivain Gérard Noiret, propose des lectures de poèmes et de textes scientifiques autour de la géologie et des paysages, mais aussi des récits de voyages issus des fonds des bibliothèques de l’UPMC. Les poèmes de Lorand Gaspar (médecin, philosophe) seront également mis à l’honneur.
Mercredi 16 mars 2011 - 17h00 > 18h00
Bibliothèque Sciences de la Terre Enseignement – (tour 56/55, 1er étage)

Scène ouverte…

L’occasion pour les poètes qui se cachent parmi les membres de la communauté de l’UPMC de venir dire leurs poèmes. Venez les écouter !

Jeudi 17 mars 2011 – 17h00 > 18h00
Bibliothèque Sciences de la Terre – Recherche
Bâtiment Esclangon – niveau Jussieu

Une initiative commune des bibliothèques de l’UPMCNouvelle fenêtre et de la direction de la culture, avec la collaboration active des personnels des bibliothèques Sciences de la Terre.

Spectacle « Au milieu du désordre »

Texte, mise en scène et jeu : Pierre Meunier (co-production La Belle MeunièreNouvelle fenêtre et Arcadi)

Au milieu d’un cercle de gens, un homme prend tout son temps pour entasser des pierres. II pose la dernière, recule lentement sans quitter le tas des yeux. Il l’observe, le corps traversé de mouvements, de questions ou de rougeurs qui semblent lui échapper. Tantôt grave, tantôt léger, un dialogue s’établit entre l’homme et la matière…
Mercredi 16 mars 2011 – 18h15 > 19h45
Caves Esclangon – Bâtiment Esclangon (niveau rez-de-chaussée)

N.B : Le nombre de places est limité.
Inscription obligatoire avant mercredi 16 mars 2011 à 12h00
Formulaire d’inscription :
https://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dDVndmxxZ2VyeDhLTy12ckVUSXcxWFE6MANouvelle fenêtre

Tucson 2011

Présentation préliminaire

La première surprise de cette 57e version des foires aux minéraux et gemmes de Tucson a été la fermeture, pour raisons financières de l’hôtel « Executive Inn ». Pendant de nombreuses années cet hôtel a été le point fort de la minéralogie. A partir de 2005, il a été supplanté par l’Inn Suites (devenu le « Tucson City Center »), mais demeurait un lieu de rendez-vous central entouré de plusieurs points de vente (comme le « Tucson Market Place » ou le « Superb Minerals » pour n’en citer que les plus importants). Les marchands de cet hôtel, certains avertis de la fermeture juste avant leur arrivée, ont tenté de se regrouper à proximité, au motel « Oasis », avec un succès plutôt mitigé.

 

 

La seconde surprise a été le record de froid jamais atteint : -9°C au thermomètre et -17°C ressenti (la nuit).

 

 

 

Si l’on exclut les marchands lésés et les nostalgiques des temps anciens (« où tout était mieux, moins cher et plus beau » dixit), il faut bien reconnaître que la fermeture de l’Executive inn n’a eu qu’un effet marginal car cette année le cap des 50 lieux de vente (répertoriés dans le guide officiel, mais il y en a d’autres) a été dépassé. Ils sont en majorité consacrés à la bijouterie. La minéralogie est principalement concentrée dans les lieux suivants :

Le « Tucson City center » (pour la minéralogie de haut/moyen niveau) et le « Quality Inn » (pour des minéraux de qualité plus aléatoire : chinois, russes et indiens en majorité) sont les hôtels les plus fréquentés par les minéralogistes. Les ventes dans ces deux hôtels, gérées par le même organisateur, devaient commencer le 29 janvier et s’arrêter le 13 février. Dans les faits, les activités ont démarré au moins une semaine avant si ce n’est plus !

Le « Tucson market place » est un ensemble de tentes occupées par des grossistes. C‘est un des lieux où sommeillent de belles affaires.

Le « Days inn » et le « Rapa River » sont de qualité plutôt basse.

Le « Howard Jonhson » a été choisi par quelques marchands brésiliens, pakistanais et afghans.

Le « Riverpark Inn» regroupe dans une annexe, quelques jeunes marchands étatsuniens prometteurs.

Le « Westward Look resort » représente « la crème de la crème » (minéralogie de niveau exceptionnel à haut). Il a été créé pour mettre fin aux « shows » interminables : il ne dure en effet que 4 jours.

En clôture, il y a le show officiel, le TGMS, le premier show historique, qui s’étalait cette année du 10 au 13 février. On n’y retrouve la majorité des grands marchands qui pour certains dévoilent quelques pièces majeures invisibles avant (sauf pour quelques « happy few »). Ce show est aussi l’occasion de plusieurs expositions temporaires en générale très attrayantes.

Si on cherche les minéraux de haut niveau et que l’on ne veut pas perdre de temps il faut fréquenter le Westward Look et ensuite le Tucson city center. Les prix y sont élevés mais les (très) belles affaires en terme de qualité/prix sont possibles (il ne faut cependant pas trop espérer trouver quelque chose de majeur en dessous de 5KUSD). Pour les bonnes affaires à petit prix, on peut tenter sa chance dans les autres points de ventes, mais sous un petit prix se cache souvent une mauvaise qualité. Sinon on peut se rabattre sur les minéraux qui ne sont pas à la mode : on y trouve des pièces majeures (voire de musée) mais bien peu spéculatives (du moins à court et moyen terme).

 

Installation devant le Tucson City Center

Une confirmation de cette année est l’arrivée de gros acheteurs chinois. Ils sont parfois mandatés pour constituer des musées en Chine et s’intéressent tout particulièrement aux spécimens de grandes dimensions (30 cm paraît être la limite inférieurs). Alors que la tendance du marché étatsunien allait vers des spécimens de petites tailles (moins de 15cm), on voit réapparaître des minéraux spectaculaires de grandes dimensions.

 

 

 

Quelques points forts de la minéralogie

Raconter tous les minéraux que l’on a vus à Tucson relève de l’exploit. Le but de ce compte-rendu est d’évoquer plusieurs des faits marquants en minéralogie et non pas de faire de la ligne en évoquant les dizaines de milliers de spécimens qui présentent un intérêt dans un domaine particulier. Le gigantisme des manifestations offre au moins un point d’intérêt : quels que soit ses centres d’intérêts, quel que soit son budget, on trouvera toujours quelques points de satisfaction (mais mieux vaut vite oublier les frustrations, inévitables !!).

 

La ruée vers le cuivre et son oxyde

L’événement de cette année, a été les cuprites et les pseudomorphoses de cuprite en cuivre de la mine Rubtsovskiy (Altaï, Sibérie, Russie). Depuis deux ans environ, cette mine produisait des cuivres natifs en rameaux ainsi que des cuprites. Ces dernières ont très majoritairement une forme en octaèdre avec plus ou moins de troncatures, leur couleur varie du rouge sombre au noir (les teintes sombres sont attribuées à des intercroissances de tenorite), la surface, au mieux, présente un éclat métallique à submétallique et, au pire, est terne. Cette année à Tucson, un grand nombre (des centaines) de spécimens a été proposé. Les cristaux ont atteint des dimensions tout à fait étonnantes : jusqu’à 8 cm pour des cristaux isolés très bien formés, rouges et brillants et plus pour des groupes de cristaux. On remarquera ici que les marchands précautionneux manipulaient ces cristaux avec des gants car la cuprite se ternit facilement. Il faut y ajouter des pseudomorphoses partielles ou totales en cuivre tout autant spectaculaires. L’engouement pour ces minéraux a été impressionnant. Dévoilés une semaine avant le démarrage officiel des « shows », les meilleurs spécimens se sont arrachés et les prix ont été presque doublés après une journée. Les belles pièces dépassaient les 10 KUSD (1 KUSD= 1000 dollars étatsuniens) et les meilleures avoisinaient les 100 KUSD. Lorsque l’on n’a pas les moyens pour ces « high prices », on a l’alternative suivante pour se consoler :

- soit acheter une pierre de moindre qualité (en relatif mais exceptionnelle en absolu). Il y avait des cristaux de 5cm pour quelques KUSD et des pièces centimétriques pour quelques centaines de USD.

- soit attendre en se disant que vu l’abondance de pièces, il y aura quelques (très) bonnes affaires à faire lorsque le vent de folie sera passé.

 

 

 

Les rhodochrosites géantes

L’entreprise Collector’s Edge s’est développée grâce à l’exploitation des rhodochrosites du Colorado. Elle a fait impression cette année en dévoilant au « main show » deux spécimens géants de cette même espèce fétiche (dimension mini : 40 cm !) mais chinois cette fois-ci : l’impératrice et l’empereur de Chine (les bruits donnaient une cote de 1,2MUSD pour l’impératrice et plus de 5 MUSD pour l’empereur !).

 

 

Les valeurs sûres

La découverte d’une poche exceptionnelle de crocoïtes de Tasmanie, annoncée à la bourse de Munich, a été confirmée à Tucson. Tout comme pour les cuprites, il fallait être présent précocement pour voir le lot intégral. Rappelons que les cristaux dépassent souvent les 10 cm. Les prix pour les pièces à grands cristaux s’étalaient entre 1 et 25 KUSD.

 

 

La mine de Milpillas (Sonora, Mexique) fournit depuis une demi-douzaine d’années les plus belles azurites du moment ainsi que des minéraux moins fréquents comme la brochantite en grands cristaux. Tous les ans, un marchand mexicain présente (là aussi une semaine avant le démarrage officiel) la production de cette mine dont il a l’exclusivité (les rares personnes qui ont essayé de briser cette exclusivité en gardent un bien mauvais souvenir). Plus de cent personnes étaient présentes à l’ouverture du stand. Les prix sont en général soutenus la première journée et négociables ensuite (mais la qualité est souvent moindre).

 

 

Quoi de neuf au Mexique ?

La proximité du Mexique fait de Tucson un lieu privilégié d’entrée des minéraux de ce pays aux Etats-Unis. En général, hormis les azurites de Milpillas déjà évoquées, les lots arrivent chez les différents grossistes tucsonniens, mais sont vite « visités » par des détaillants (résidant à Tucson ou à proximité). Ces quatre dernières années, la mine de Mapimi (Durango) a été très prolifique en wulfénites, rosasites, mimétites et fluorites. Cette année, ils ont presque disparu du marché. On a pu voir encore quelques fluorites en macles du spinelle de Naica (Chihuahua). Les creedites de la mine Navidad (Abasolo, Rodeo) ne cessent pas de grossir et cette année on a vu des groupes avoisinant les 20 cm avec des cristaux de 4 cm.

 

 

Les deux flops

A côté des succès de nouveautés comme les cuprites et les crocoïtes, il y a eu deux flops. Les alabandites d’Uchucchacua (département de Lima, Pérou) dévoilées en quelques dizaines d’exemplaires à bourse de Munich, on été relativement abondantes mais en spécimens petits et souvent de qualité plus faible qu’à Munich. Il n’en demeure pas moins que ce sont les meilleurs cristaux connus pour l’espèce. Il faut croire que le public étatsunien est ignorant, ou bien insensible précisément à cette espèce, ou bien réfractaire au matériel péruvien car il y a eu peu de ventes. Il est pourtant bien rare de pouvoir s’offrir des pièces de musée à moins de 5 KUSD voire moins de 1 KUSD.

 

 

Les ilvaites de Chine (Baotou League, Mongolie Intérieure) qui avaient fait une apparition discrète à Munich, étaient présentes en abondance. Selon des personnes qui se présentent comme bien informées, elles proviennent d’une très grande poche qui a fourni des cristaux brillants au début et qui continue et continuera à fournir en abondance des cristaux plutôt ternes. Malgré des cristaux géants (jusqu’à 16 cm… et peut être plus dans l’avenir ?) ou des groupes de cristaux esthétiques, ces ilvaites ont été boudées. Il est vrai que les prix, moyens, étaient assez élevés pour de la minéralogie noire (entre 2 et 30 KUSD pour un beau groupe) et que l’ilvaite, même en groupes esthétiques, est moins reconnue que la cuprite.

 

 

Les découvertes sympathiques

A côté de ces lots de minéraux à hauts/moyens prix, il ne faut pas oublier les découvertes de minéraux plus modestes. La plus importante en volume a été celle de pyromorphites et malachites de Brown’s Pit (Rum Jungle, Northern Territory, Australie). Les découvreurs on cru bon de reprendre une pratique commencée par Collector’s edge lors de la récolte des rhodochrosites du Colorado : outre la localité ils ont ajouté sur les étiquettes, leur nom ainsi que le nom des poches où elles ont été trouvées et qu’ils ont baptisées. On trouve ainsi des pièces venant de « the pizza pocket, « the turquoise pocket » ou « the golden Pocket » ! Les cristaux de pyromorphites sont millimétriques et leurs teintes, souvent insaturées, se situent dans le vert. L’association de ces deux minéraux exclusivement est peu banale. Les prix s’étalaient entre quelques dizaines et quelques milliers de USD. Toutes les pièces ont été vendues.

 

 

Sur le front des raretés

Tucson est l’un des grands lieux de rencontre de plusieurs communautés de minéralogistes spécialisés comme les micromonteurs (qui organisent toute une journée de manifestations durant le « Main Show ») et celle des systématiciens. La grande découverte en systématique a été des cristaux de despujolsite de N’Chwaning II (Kuruman, Afrique du sud). Ce rare sulfate de calcium et manganèse se présentait sous la forme de beaux cristaux vert tendre aplatis de quelques millimètres. Les prix demandés étaient élevés (quelques centaines à quelques milliers de USD). Ces hauts prix reflètent la concurrence acharnée qui s’exerce entre quelques collectionneurs systématiciens étatsuniens surtout.

 

Les expositions temporaires

L’un des grands plaisirs de Tucson est donné par les expositions temporaires. Le thème de cette année était la Californie : il a été comme d’habitude peu suivi. Les photos ci-après présentent un pot pourri de ce que l’on pouvait voir.

 

Partie de la vitrine proposée par le MAD (mineralogical association of Dallas)

Partie de la collection Proctor (à vendre)

 

Collection Evan Jones sur l’Arizona

 

Collection d’or de Californie de Wayne Leicht

 

Pépite de 23,26kg trouvée au détecteur en Australie au début de l’année 2010

 

Tourmalines « blue cap » de Californie

 

Minéraux de Californie du Muséum de Los Angeles

 

Grosse magnétite de Californie (meilleure de l’espèce : Traverselle est-elle oubliée !!!???)

 

Une des vitrines de la collection Sorensen

 

Une autre vitrine de la collection Sorensen

 

Pour finir : la benitoite, le minéral de la Californie

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